La Rome antique n’a pas manqué de grands hommes au cours des mille ans qu’ont duré son histoire. Historiens, politiciens, chefs de guerre ou hommes de lettres… ils sont nombreux à avoir marqué l’histoire par leurs actes, mais aussi parfois par leurs mots. Découvrez quelques citations romaines restées célèbres. Passées à la postérité sans rien perdre de leur éclat, certaines de ces citations restent indissociables de leur auteur. Toutes résonnent encore avec un impact particulier.
Commençons cette série avec une série de citations romaines empruntées à des généraux romains. Le contexte sera donc celui de la stratégie militaire et guerrière.
« Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu. »

Jules César aurait écrit ces trois mots, dans une lettre lue au Sénat, pour rendre compte de sa victoire sur le roi Pharnace II, dans la province du Pont, en 47 av. J.-C.
Cette citation très courte qui compte seulement trois mots, rend bien compte des qualités de César en tant que chef de guerre, mais aussi en tant que communicant. La formule lapidaire et expéditive semble suggérer que la victoire allait de soi, qu’il ne pouvait en être autrement. “Mission accomplie”, semblait dire le dictateur. La citation, très célèbre, est une des plus connues de César.
« Le sort en est jeté. »

Voici une autre citation célèbre de Jules César. Une autre formule courte et impactante du célèbre homme d’état romain, lâchée à un moment décisif. Le 10 janvier 49 av. J.-C, César franchit le fleuve Rubicon avec son armée, transgressant un interdit traditionnel, pour marcher sur Rome, défiant Pompée, devenu un rival, une entrave à ses ambitions.
Cette locution romaine est largement passée dans la culture populaire.
« Si tu veux la paix, prépare la guerre »
Ces mots seraient ceux de Végèce, un auteur romain du bas empire. Cette belle locution signifie que la guerre précède la paix. Préparer avec soin la guerre, s’armer efficacement, permet de s’assurer une victoire décisive, qui ne souffrira d’aucune contestation et qui formera le terreau d’une paix durable. La guerre serait donc, dans ce contexte, un mal nécessaire, une étape qui précède inévitablement un temps d’apaisement et de concorde.
« Les chefs sont mortels, mais la République est éternelle. »
Cette citation est attribuée à Tibère, second empereur romain, par Tacite, célèbre auteur des Annales. La phrase montre une conscience aiguë et louable de Tibère, assez éloignée de l’image d’empereur cruel qu’on lui prête trop souvent. Tibère, vertueux, semble poser un regard lucide sur la condition humaine, et la sienne propre au passage, qui doivent s’effacer derrière une cause, un destin plus important, ceux de la République.
« En temps de guerre, les lois se taisent. »
Agrippa, ami d’enfance d’Octave-Auguste, a aussi été son gendre. Mais il fût aussi et avant tout, un excellent général qui remporta des batailles décisives et permit à Auguste de se hisser au sommet du pouvoir. Ses paroles résonnent encore avec un écho tout particulier jusqu’à aujourd’hui : lorsqu’un conflit éclate, dans la fureur, de la furie guerrière, quand les armes parlent, les lois se taisent. Les règles du jeu sur lesquelles les belligérants s’étaient accordées sont bafouées, ne sont plus suivies par ceux mêmes qui les ont établies ou prétendaient les respecter. Droits de l’homme bafoués, crimes de guerre… les mots d’Agrippa se sont vérifiés en tout temps et conservent tous leur sens et leur acuité à l’époque contemporaine. Une citation romaine aussi durable que l’acier.
« Il est juste d'apprendre même de l'ennemi. »
Ces mots d’Ovide, pleins de sagesse et de bon sens, prônent l’ouverture d’esprit. Une âme humble et noble trouvera des opportunités d’apprendre et de s’améliorer en toute occasion, auprès de toute source. Reconnaître les forces de ses adversaires et en tirer des leçons sont une bonne habitude. Cette citation du célèbre poète romain prend la forme d’un conseil précieux que pourront garder en tête tous ceux qui ont à cœur de progresser.
« Un esprit sain dans un corps sain. »
Cette citation très connue est tirée d’une des Satires de Juvénal, poète romain qui a vécu entre la fin du Ier siècle et le début du IIème siècle ap. J.-C. L’homme de lettres y célèbre sa vision d’une vie idéale, parfaitement équilibrée, entre corps entretenu par un exercice physique régulier et un esprit sain, intègre. Juvénal porte un regard sévère sur les mœurs de son époque, qu’il juge dissolues, et livre sa conception d’une vie vertueuse et digne, directement inspirée de celles des anciens romains, qu’il idéalise et regrette amèrement dans ses œuvres.
« L’homme est un loup pour l’homme. »
Cette locution latine est extraite d’une comédie de Plaute, auteur et dramaturge latin qui a vécu au temps de la République romaine. Connue et citée sous cette forme courte, est se trouve en fait amputée d’une partie qui la précède. La citation initiale complète est upus est homo homini, non homo, quom qualis sit non novit, qui se traduit par « Quand on ne le connaît pas, l’homme est un loup pour l’homme ». Plaute y souligne la peur de l’inconnu. La forme courte est souvent utilisée pour signifier et rappeler que le pire ennemi, son adversaire le plus dangereux, c’est l’homme.
« L'argent n'a pas d'odeur. »
Beaucoup de gens connaissent cette expression mais peu connaissent son contexte historique d’origine. La phrase est attribuée par Suétone à l’empereur Vespasien. Au temps des romains, les teinturiers travaillant les étoffes et les laines avaient recours à l’urine, car elle contient de l’ammoniac utile à leur préparation. Des réceptacles étaient disposés dans les rues, où les romains pouvaient se soulager. Les artisans qui avaient recours à cette urine la récupéraient ensuite pour l’exploiter. Vespasien, reprenant une idée déjà mise en œuvre mais abandonnée avant lui, instaura une taxe sur la collecte de l’urine. Lorsque son fils Titus lui fit part de son dégoût vis-à-vis de cette taxe qu’il trouvait saugrenue, Vespasien lui mit sous le nez une pièce en lui demandant s’il se trouvait incommodé par son odeur. Lorsque Titus lui répondit que non, Vespasien lui expliqua qu’elle venait pourtant de la taxe sur l’urine.
Le proverbe “l’argent n’a pas d’odeur” signifie que l’origine de l’argent importe peu, ou plutôt que sa valeur ne dépend pas de son origine.
Quant à Vespasien, son souvenir reste lié en quelque sorte à l’urine, puisque les vespasiennes désignent toujours des urinoirs publics répandus dans les milieux urbains, plus communément appelés « pissotières ».
« Un gladiateur prend conseil dans l’arène. »
C’est dans la lettre XXII à son ami Lucilius que Sénèque cite et rappelle ce vieux proverbe en guise de conseil. La préparation et la planification sont certes de bonnes choses, mais il y a des cas qui nécessitent de s’adapter dans l’instant, en réaction. Sénèque donne l’exemple du médecin qui ne peut établir et livrer son diagnostic qu’en présence de son patient. De même, c’est dans l’arène, lorsqu’il observe son adversaire en temps réel, lorsqu’il épie ses gestes et mouvements, que le gladiateur forme son plan pour le combat.